Bonjour M. Cruise votre mission, si toutefois vous l'acceptez, sera de produire et confier la réalisation du quatrième volet de Mission Impossible à Brad Bird. Quelle bonne idée n'est-il pas ? Après les Indestructibles et les tribulations du petit Ratatouille on peut se réjouir en effet d'un tel choix. Ce 4 ième opus ne lésine pas sur les moyens et nous balade du Kremlin à Dubai sur les 828m de la plus haute tour du monde (aujourd'hui). Tout y est, les gadgets, les explosions, les filles en robes du soir hyper-sexy avec la french girl-bad girl (Léa Seydoux), les bagnoles de luxes sorties d'un autre monde, bref tout pour faire un bon James Bond...Oups pardon Mission Impossible. En effet ce dernier épisode n'a rien à envier aux meilleures aventures de l'espion de sa Majesté le plus célèbre du monde. A défaut d'une fin un peu lourdingue dans les bons sentiments et l'émotion forcée, on se laisse embarquer dans l'aventure dans laquelle l'équipe de M-I sera mise sur la sellette. Il y a beaucoup de bonnes idées mêlant suspens et haute technologie qui préfigurent un avenir radieux pour la franchise qui souffrait dans les épisodes précédents d'une lourdeur et un manque de surprise qui expliquait peut être pourquoi chaque film étaient aussi espacés dans le temps. Attention ce paragraphe s'auto-détruira dans 5 secondes...
Après toutes ces aventures reprenons notre souffle et allongeons-nous sur une banquette. Plus précisément vous mesdames, prenez place.
Oh mon Dieu ! Mais où ai-je donc mis mon masseur de visage électrique dont tous les catalogues par correspondance vantaient les mérites, mais dont la forme longitudinale rappelait étrangement un élément bien masculin...Si vous voulez tout savoir sur la genèse de l'ancêtre de votre petit canard vibreur qui animent vos bains moussants mesdames (oui ne le niaient pas, pas la peine de rougir) allez voir Oh My God ! Tout commence à la fin du XIX ieme siècle lorsqu'un brave médecin londonien soucieux de la bonne hygiène et de la bonne santé de ces concitoyens et concitoyennes sera initié à un "massage" particulier par un docteur réputé pour résoudre le mal être de ces dames de la bonne société anglaise. Or à force de crampes après des dizaines de "massages" quotidiens, et avec l'aide d'un ami fortuné et féru de nouvelle technologie, il mettra au point le dit masseur avec la puissance de la nouvelle fée électricité. C'est sous le ton de la comédie pince-sans-rire que l'on apprend donc l'invention de ces jouets si particuliers mise au point au départ pour soulager les névroses bourgeoises de ces Ladies corsetées à outrance, oisives et délaissés par leurs maris. Mais derrière tout ça le film aborde aussi l'avènement des premiers mouvements féministes incarnés par Maggie Gyllenhaal associant lutte sociale et libération de la femme dans le Londres nauséabond et crasseux de cette fin de XIX ième, et qui préfigurent les révolutions à venir du début du XX ième siècle. Oh My God ! reste donc une comédie socialement sexy et sympathiquement désuète qui apporte un regard inédit et amusant sur le lien entre plaisir intime et émancipation sociale. A noter le générique de fin qui nous montre l'évolution jusqu'à nos jours du fameux petit masseur électrique, de l'appareil aussi gros qu'un sèche cheveux au fameux petit canard coquin....
Sous un angle beaucoup plus sérieux A Dangerous Method analyse les liens fiévreux et torturés d'un amour difficile entre le Dr Jung, et sa patiente aux origines de ce qui deviendra la psychanalyse moderne. Le dernier film de David Cronenberg traite d'un trio particulier entre Karl Jung, Sabina Spielrein et Sigmund Freud, où les consultations pour hystérie évoluerons en passion amoureuse aussi douloureuse que le mal psychologique. Cronenberg s'est munie d'un casting impeccable pour étudier de près cette longue consultation. Michael Fassbender, Keira Knightley et Viggo Mortensen y incarnent avec justesse les trois protagonistes. Cependant Cronenberg s'est placé à des années lumières d'History of Violence ou les magistrales Promesses de l'Ombre en proposant un dialogue très cérébral sur cette liaison particulière où douleur et perversité côtoient les ambiances feutrés du Vienne des années 1900. Certes on retrouvent donc les thèmes récurants chez le réalisateur canadien mais je ne serais pas étonné que bon nombre de ses aficionados soient comme moi un peu déroutés par le traitement presque soporifique du film, et les atermoiements verbales des personnages qui créaient plus l'ennui que la fascination. Reste donc le plaisir de voir trois comédiens au mieux de leur jeu.
Bonnes séances et bonnes fêtes...



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