
Des salopards il y en a eu dans le cinéma ! On a eu des tarés qui prenaient leur tronçonneuse pour leur petit amie, des affreux atomisés au fin fond d'une colline, des psychopathes au masque de hockey, des malades qui veulent faire payer les 7 péchés capitaux, des serial killers cultivés et experts en gastronomie humaine, ou bien des diables coréens. Bref une belle brochette de gens sympathiques avec qui on ferait bien un petit séjour aux Caraïbes pour animer nos vacances. Mais depuis peu, vous pouvez aussi aller au trou du cul du monde qui se trouve juste à côté des Killing Fields au Texas. Si vous aimez les atmosphères poisseuses qui vous collent les dessous de bras et les marcels pas lavés depuis 6 mois, je vous invite à aller voir le premier film de la fille de Michael Mann, alias Ami Canaan Mann. Alors autant le dire tout de suite, ce ne sera pas le polar du début 2012. Bien que le script fût prometteur et que la fille a dû avoir quelques facilités à monter son projet grâce à papa, il n'empêche qu'Ami Canaan Mann ne semble pas avoir su tout maîtriser. Il est vrai qu'elle s'est entourée de comédiens convaincants. Sam Worthington a su nous faire oublier les géants tout bleu d'Avatar, Jessica Chastain a inversé la vapeur en devenant une femme à poigne à l'opposé de Tree of life, et pour les fans on aura plaisir de revoir Laura Palmer, enfin Sheryl Lee, en mère indigne et désoeuvrée. Tout concorde pour servir un plat bien consistant sauf que, hélas, la réalisatrice s'est un peu perdue dans un sens de l'ellipse assez curieux, qui parfois coupe court à la montée en puissance des séquences. L'ambiance est réussi mais le film avance un peu chaotiquement et donne parfois l'impression de couper les ailes du scénario. On reste donc un peu circonspect bien que le film bénéficie quand même de moments assez forts. C'est vous qui voyez...
BA ici


Maintenant si l'on revient de l'autre côté de l'Atlantique, à Barcelone précisement, un conseil les filles, regardez sous votre lit avant d'aller vous coucher, histoire de voir si le concierge de l'immeuble n'y serait pas déjà. Je dis ça, je dis rien, mais quand vous aurez vu Malveillance (Mientras que duermes) de Jaume Ballaguero vous regarderez d'un autre oeil votre concierge préféré toujours au petit soin pour vous. C'est tout en subtilité que cette enflure va vous mijoter des nuits agitées sans que vous vous en rendiez compte, du moins pas tout de suite...J'avoue que Malveillance est la bonne surprise de ce début 2012, et elle nous vient de l'autre côté des Pyrénées, ce qui me confirme que l'inventivité hispanique devrait en inspirer quelques uns (dont moi) dans le cinéma hexagonal. Le réalisateur a même su créer l'angoisse, voire presque de l'empathie pour le concierge César ce qui est un summum de perversité. Il faut dire qu'il a eu la riche idée de choisir Luis Tosar, particulièrement bon dans les personnages à ne pas fréquenter (voir Même la pluie et surtout le méconnu Cellule 211). Le spectre de Hitchcock a dû se pencher sur le berceau de Jaume Ballaguero pour lui insuffler autant de savoir faire dans sa mise en scène. Le film avance à petit pas de plus en plus brûlants. Bien que l'on ne comprenne pas vraiment les motivations de César, le réalisateur déroule le scénario par touche de plus en plus sadiques pour atteindre une violence psychologique digne des pires pervers du 7ième art. Pour en savoir plus jeter un oeil par là. Bonne toile
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