mercredi 25 janvier 2012

Rêve brisé et voyage en camion



Voilà, je vais faire mon coming out. J'avoue, j'ai du voir dans ma vie environ 2 épisodes de Friends. Alors forcement lorsque j'apprends que David Schwimmer se met derrière la caméra, je ne bouge pas forcément le petit doigt. J'ouvre quand même un oeil sur la bande annonce et là je vois Clive Owen très perturbé par la "mésaventure" de son adolescente de fille. Ma petite voix intérieure me chuchote "tu ferais mieux d'y aller"...Ok petite voix, allons voir, et j'ai vu. Et bien la petite voix a eu raison. Trust est une perle de justesse et d'émotion. Le sujet sentait la lourdeur grasse, et bien David Schwimmer a su transporter la douleur de cette jeune fille abusée et de ses illusions perdues dans les sphères sentimentales du plus bel effet. On pourrait craindre au pathos, rien de tout cela, les larmes coulent, personne est épargné dans ce naufrage familiale mais l'on se laisse embarquer dans ce radeau à la dérive. Il n'y a pas de fioriture, juste une recherche de vérité cinématographique dans la démolition à petit pas sournois de cette famille des plus tranquille et ordinaire. Le titre résume tout. Lorsque la confiance se brise, ce sont les liens familiaux qui s'effilochent, et vos plus proches deviennent vos ennemies, alors que le vrai coupable est ailleurs. L'adolescence toujours fragile entre l'enfance et le monde adulte vacille complètement, se fracasse contre une réalité abjecte, une perversité révoltante.
Touché Mister Schwimmer ! BA ici


Sur le même continent mais beaucoup plus au sud Les Acacias est une traversée sentimentale en camion du Paraguay à Buenos Aires. Camera d'or 2011, ce road movie minimaliste trimbale 3 personnages, des anonymes au milieu de nulle part, d'une simplicité pétrie d'honnêteté sincère. Un chauffeur de camion chargé d'amener une femme et sa fille dans la banlieue de Buenos Aires en plus des troncs d'arbre. Il n'y a pas de lourdeur, beaucoup de silence, d'attente, de pause, quelques phrases anodines échangées, les sourires enjoleurs d'une gamine de 5 mois, quelques cigarettes, de la poussière. On pourrait ainsi d'écrire tous ces petits rien qui ont charmé le jury cannois. En effet cet homme, cette femme, ce bébé, n'ont rien d'antipathique, on sent qu'il se passera quelque chose, mais la radicale simplicité du réalisateur me fait dire que le film reste anecdotique, que ce voyage pudique et naturaliste me fait dire que tout cela ne fait pas vraiment un film, une sorte d'ouverture, de prologue à autre chose, comme si l'auteur s'était arrêté au premier chapitre d'un joli roman. Proche de l'ennui Pablo Giorelli met le spectateur en attente, coincé sur la banquette arrière de la cabine du camion, et l'on patiente sagement l'arrivée pour se dégourdir les jambes en sortant de la salle...

1 Et vous en pensez quoi vous?:

Cécile a dit…

Je dois avouer un truc moi aussi. Je déteste Friends. Je ne supporte pas cette série, je ne sais pas pourquoi j'ai jamais eu le moindre rictus devant...